Mardi 1 mai 2007 2 01 /05 /2007 16:09

Dans la zone dite libre, en application d'un décret-loi  du 18 novembre 1939, l'administration de Vichy crée de nombreux lieux d'internement qu'elle appellera "camp de concentration" puis "centre de séjour surveillé" où les tsiganes se trouvent internés avec d'autres populations: réfugiés espagnols, réfugiés antinazis, juifs étrangers et communistes.

La décision de construire à Saliers un camp spécial pour les nomades, est prise lors d'une conférence interministérielle le 25 mars 1942.

Le projet du camp de Saliers, est principalement destiné à améliorer l'image de la France, critiquée pour les conditions d'internement dans ses camps et le taux de mortalité qui y règne.

Le hameau de Saliers, sur la commune d'Arles, est choisi en raison de son éloignement des zones habitées.

Le camps est conçu comme un "typique" village camarguais sur un territoire fantasmé comme berceau du peuple tsigane.

Sa réalisation est confiée à l'architecte des Monuments Historiques, la Camargue étant depuis peu, site classé.

Les travaux commencent en mai 1942 en utilisant, à partir de juillet, le travail de 30 nomades venus du camps de Rivesaltes (Pyrénnées-orientales).

Le 27 novembre, en provenance de Rivesaltes, un convoi de 299 tsiganes arrive à Saliers.

Très vite, l'optimisme affiché du départ cède rapidement le pas à la réalité du surpeuplement, de la promiscuité et de l'insalubrité.

Le camp est inachevé et les équipements les plus élémentaires manquent. Le personnel est insuffisant et incompétent.

Par peur des bombardements, 26 nomades s'évadent dans les débuts du mois d'août. Le 17 août 1944, le camp est mitraillé par l'aviation anglo-américaine, 137 internés s'enfuient.

A sa dissolution le 15 octobre 1944, le camp est vidé de tout occupant.

Le bilan est lourd. Près de 700 y auront été internés, avec un effectif permanent  de 200 à 300 personnes.

Si aucun des tsiganes de Saliers ne fut directement déporté en Allemagne, 26 décèdèrent pour la plupart après leur transfert à l'hôpital d'Arles.

Je tiens ici à souligner le travail mené par Mathieu PERNOT. Ce fut l'un des premiers à mettre à jour cette histoire tragique.

Dès 2001, j'ai souhaité que la ville d'Arles puisse rendre un hommage  aux tsiganes déportés dans ce camp.

Que l'on puisse enfin, plus de 60 ans plus tard, regarder son passé en face.

Celui qui ne connaît pas son passé disait Primo Lévi, ne se condamne t'il pas à le revivre?

J'ai alors demandé à l'Association du Musée de la Résistance et de la Déportation ainsi qu'à de nombreuses associations locales, que l'on travaille ensemble sur ce dossier.

Et, le 02 février 2006, la ville d'Arles (associée à la région PACA, au département des Bouches du Rhône ainsi qu'à l'Office National des Anciens Combattants) fut ainsi inauguré le Mémorial de Saliers  (oeuvre réalisé par Jean-Claude GUERRI).

Mais il faut encore aller plus loin .

Et notamment permettre la reconnaissance du génocide tsigane.  

Le 30 mars 2007, une proposition de loi sur la reconnaissance du génocide tsigane, gitan et rom, a été présenté à la presse, par mon ami, le député-maire Frédéric DUTOIT.

 Lors de la prochaine mandature parlementaire, nous serons particulièrement vigilants à ce que cette proposition de loi soit examinée avec le plus vif intérêt.

 

Par Nicolas KOUKAS - Publié dans : DEVOIR DE MEMOIRE
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Nicolas KOUKAS
est né le 14 mai 1975 à Arles  

Adjoint au maire d’Arles depuis 2001

Conseiller Communautaire A.C.C.M depuis 2004

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