Jeudi 17 janvier 2008
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Hélène BACHELIER (31 ans) habite le Centre Ville. Depuis 2 ans elle travaille à l'Hôpital d'Arles.
Voici son sentiment sur la crise que traverse aujourd'hui le milieu hospitalier...
"Infirmière depuis 2 ans au Centre Hospitalier d’Arles, je suis arrivée après le diplôme avec beaucoup de motivation et une envie de m’investir dans mon
travail.
Au fil du temps, j’ai pris conscience des dysfonctionnements importants portant atteinte directement au patient.
Le manque de personnel porte au quotidien un préjudice- très peu connu du grand public- sur la prise en charge du patient mais
aussi sur les agents.
Il est parfois impossible de prendre le temps nécessaire pour soigner et être disponible auprès de personnes en demande de relations
humaines, en souffrance, ou encore en fin de vie (les soignants s’occupant des soins palliatifs n’ont pas d’effectifs supplémentaires).
Compte tenu des fonctions que nous occupons en tant que soignant, il est inimaginable de couper court à des conversations, des
gestes indispensables au mieux-être des personnes.
Les frustrations créent une impression de travail en série, à la chaîne, complètement en contradiction avec la politique de Santé Publique
encourageant les soins personnalisés, globaux et individualisés.
Tous les jours, à l’embauche, souvent très tôt le matin, il est fréquent d’entendre les collègues revendiquer, de façon souvent amère, avec
résignation pour les plus anciens de meilleurs conditions de travail, une revalorisation de la pénibilité de leur travail par une augmentation des leur traitement, ou encore une
reconnaissance du diplôme en lui-même (39 mois d’études pour les infirmiers reconnus bac +2).
Bref, un vrai mal-être au travail existe dans le milieu hospitalier et les agents ont du mal à trouver des interlocuteurs institutionnels à
l’écoute. La gestion du personnel et des conditions de travail répond maintenant à une logique de rentabilité (Plan HOPITAL 2007).
Les préoccupations comptables de l’administration sont souvent en contradiction avec l’idée d’un service public hospitalier de
qualité.
A Arles, de nombreux agents cherchent à partir pour améliorer leur qualité de vie, mais surtout, pour ne pas mettre en péril leurs qualités
humaines, professionnelles et le but premier de leur fonction : soigner, accompagner.
Pour conclure, la crise que traverse l’hôpital concerne également d’autres secteurs à vocation humaine et sociale (l’école, la
solidarité), et la politique actuelle montre à quel point la société s’oriente davantage vers une gestion comptable des ressources en oubliant la qualité du service rendu, essentiel dans ces
domaines".
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