Les compagnies, les artistes et les techniciens du spectacle
manifestent le vendredi 18 juillet prochain à Avignon pour exprimer leur « refus de la paupérisation du spectacle vivant »
Une profession précarisée, en
danger
Malgré les promesses de la Ministre, la réforme des annexes 8 et 10, dite des
« intermittents », poursuit son laminage des artistes et techniciens du spectacle. Les annonces, les coupes sombres dans le budget de la culture mettent en danger d’existence de
nombreuses compagnies et, comme elles, les institutions sont souvent contraintes de réduire leurs « marges artistiques ». Une « réforme nouvelle », le numéro d’objet, tend à
exclure tout ce qui est action culturelle du champ artistique, obligeant les artistes à tendre la sébille à chaque nouveau projet.
Madame Albanel promet de faire tout ce qu’elle peut pour défendre la culture. Elle prétend ouvrir le débat avec les entretiens de Valois mais dans un contexte contraint de restrictions alors qu’il y a urgence à relancer les politiques publiques. On amuse la galerie alors que le gouvernement et le président ont décidé qu’il y a trop d’artistes, trop de tribunaux, trop d’hôpitaux, trop d’enseignants, trop de service public, trop de tout sauf de profits...
L’art et la culture en danger
Cela fait effectivement bien longtemps, et pas seulement du seul fait de la droite, que la place de l’art et de la culture dans les
politiques publiques se dégrade. Mais aujourd’hui le gouvernement Sarkozy-Fillon veut passer un cap dans le démantèlement du service public de la culture. Quand il s’agit de financement public de
la culture, il n’a qu’une idée en tête, mécénat, défiscalisation « responsabilisation » des collectivités territoriales ; il veut se dégager de sa responsabilité. Sans doute
considère-t-il - avec quel mépris ! - que le marché, la télé et les industries culturelles ont règlé la question de la démocratisation et de l’accès aux oeuvres pour le plus grand nombre. Et
que ce qui subsistera de théâtre, de musique, d’arts plastiques et d’opéra... sera bien suffisant pour les amateurs éclairés et fortunés. Et pour le « rayonnement » de la France.
Il faut faire d’autres choix !
Le désir d’art doit être est partagé. Ce désir d’art est constitutif de l’humanité, il doit être au coeur de
tout projet politique. Ce doit être l’ambition d’un service public de la culture. Et notre pays est suffisament riche pour consacrer 1% de son PIB à l’art et la culture. A
condition d’avoir le double courage de considérer l’art et la culture comme un bien commun à partager par tous et de se donner les moyens d’un engagement et d’un financement publics sans lequel
il n’ y aura ni création, ni diversité culturelle ni appropriation par le peuple des oeuvres de l’esprit.
Les caisses sont vides... ? Pas pour tout le
monde !
Nicolas Sarkozy se répand sur le vide des caisses de
l’Etat. Mais en juin 2007, le premier geste du Président a été d’offrir 15 milliards aux plus riches dans le fameux « paquet fiscal ». Et d’en reprendre la moitié, 7 milliards,
dans nos poches avec la carte famille nombreuse supprimée, moins pour le logement, le social... et il faut y ajouter la culture. Nicolas Sarkozy, c’est « Robin des Bois » à l’envers. Il
vole aux pauvres pour donner aux riches !
Avignon est le lieu de nombreux débats citoyens sur le théâtre, sur la culture. Ce sont autant d’occasion
pour confronter les points de vue et se faire entendre.
Nicolas KOUKAS
Nicolas KOUKAS est né le 14 mai 1975 à Arles
Adjoint au maire d’Arles depuis 2001
Conseiller Communautaire A.C.C.M depuis 2004
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