Partager l'article ! Les 90 ans de Nelson Mandela: Nelson Mandela, le héros de l’Afrique du Sud « arc-en-ciel », fête ses 90 ans ce ve ...
Né le 18 Juillet 1918, le jeune Mandela manifeste tôt un esprit rebelle. Exclu de son université alors qu’il est étudiant, il devient à 25 ans membre de l’ANC). S’affirme en lui de manière
croissante la volonté indéfectible de lutter contre l’apartheid, qui a été institutionnalisé en 1948. Il mène en 1952 la « campagne de défiance civile », mais est arrêté en 1956. Il
ressort acquitté d’un procès-fleuve de 5 ans, et forge à sa sortie de prison le bras armé de l’ANC, l’Umkhonto we Sizwe (la Lance de la Nation, MK), dont il est commandant en chef. C’est le
véritable début de la période de la lutte armée contre l’oppresseur blanc.
Arrêté en 1962, inculpé de sabotage et de haute trahison une année plus tard, Mandela se révèle à la face du monde en tant que figure naissante de la résistance noire, lors de son procès. Il y prononce l’un de ses plus beaux discours, dans lequel il affirme que la démocratie est « un idéal pour lequel [il est] prêt à mourir ». Condamnés à la prison à vie, lui et ses co-accusés sont envoyés sur l’îlot-bagne de Robben Island, au large du Cap.
Débutent alors 27 années d’emprisonnement, synonymes de calvaire. Mandela résiste pourtant, autant que possible. Libéré le 11 février 1990 et élu président de l’ANC l’année suivante, il supervise et dirige les négociations de la transition. Sur fond de violences politiques entre noirs & blancs d’une part, entre ethnies noires d’autre part, l’ANC et le National Party (Parti de la minorité Afrikaner qui menait l’Apartheid) négocient la transition politique vers un pouvoir partagé. Le 27 avril 1994, les premières élections multiraciales en Afrique du Sud voient la victoire de l’ANC. Le 10 mai, Nelson Mandela est investi président. Il se charge dès lors de mener la nation « arc-en-ciel » vers une pleine réconciliation. C’est l’heure de la Commission Vérité & Réconciliation, qui tente de faire la lumière sur les crimes commis pendant l’apartheid et surtout de provoquer une réconciliation nationale, à travers une catharsis collective. C’est la Coupe du Monde de Rugby 1995 au cours de laquelle Mandela, vêtu du maillot vert de l’équipe nationale, remet le trophée de vainqueur au capitaine (blanc) sud-africain. C’est aussi l’adoption en 1996 d’une constitution qui reconnaît notamment 11 langues officielles. C’est enfin une devise : « l’unité dans la diversité ».
Mandela reste quatre années au pouvoir. Il mène de front la re-construction de la nation pour la mettre en paix avec son passé. Il se retire de la vie politique en 1999, décidant volontairement de ne pas briguer un second mandat, et s’engage par la suite activement dans la lutte contre le SIDA, mobilisant l’opinion publique notamment par l’annonce de la mort de son fils suite à cette maladie en 2005. Il se bat par ailleurs, au travers de la Fondation portant son nom, pour les droits et le respect de l’enfance.
L’Afrique du Sud d’aujourd’hui n’est pas totalement réconciliée : la criminalité y est endémique, 40% de la population vit sous le seuil de pauvreté et le SIDA touche plus de 10% de la population. Symbole des difficultés du pays, les résidents de Kliptown (un township (1) proche de Johannesburg) ont décidé de boycotter la visite de Mandela samedi dans leur quartier, car celui-ci n’a pas de système d’égoûts ni d’électricité, ce malgré les appels insistants auprès des pouvoirs publics. En désespoir de cause, ils ont choisi d’émettre une voix discordante dans un moment de communion nationale.
Mandela n’est pourtant pas vraiment en cause. Lebohang Mekgwe, qui y habite, résume bien l’état d’esprit collectif : « S’il était encore au pouvoir, nous aurions des maisons actuellement. Il n’a pas eu assez de temps lorsqu’il était président pour réaliser toutes ses promesses ». Interrogée par l’AFP, elle ajoute qu’elle n’a « aucune rancune contre Mandela. C’était un bon président ». Preuve s’il en est que le prix Nobel de la paix 1993 est un sacro-saint. Sur le site internet officiel dédié aux hommages pour l’anniversaire de Madiba (son surnom), Bill Clinton himself s’est fendu de ce joli commentaire : « Aucune célébration ni carte de vœux ne sera assez grande pour toutes les vies que vous avez touchées ». Un beau résumé.
Guillaume Daudin pour www.humanite.fr
Nicolas KOUKAS

Nicolas KOUKAS est né le 14 mai 1975 à Arles
Adjoint au Maire d'Arles
Conseiller communautaire A.C.C.M.
Président du Groupe "Vive ARLES!"
Membre du Front de Gauche
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