Mercredi 16 juin 2010 3 16 /06 /Juin /2010 21:13

 

Vous retrouvez ci-dessous des extraits du discours que j'ai prononcé ce mercredi 16 juin lors des obsèques de Cyprien PILLIOL. Une cérémonie où de très nombreux arlésiens avaient fait le déplacement...

obseques_cyprien_pilliol_m.jpg

Photo: Nicolas VALORI / La Provence

 

 (...).J'ai rencontré pour la première fois Cyprien en 1996. J'avais 21ans.

J'étais alors étudiant en histoire et j'effectuais mon mémoire de maitrise sur « la résistance et la déportation à Arles ».

Cyprien  m'a alors très gentiment ouvert sa porte. Et je me rappelle de ses 1er mots qu’il m’a dit  en me regardant dans les yeux: « Nicolas, je voudrais que tu me tutoies car à partir d’aujourd’hui nous allons être amené à nous rencontrer très souvent ». Vous pouvez imaginer quelle fut ma réaction. Faite à la fois de surprise et de retenue.

Je lui alors expliqué que j’effectuais un travail universitaire et que j’avais besoin de rencontrer d’anciens résistants et déportés.

 Cyprien s’est alors démené et il m’a permis des femmes et des hommes aux parcours exceptionnels : Charles Barontini, Henri Morand, Georgette Méliani (décédée il y a quelques jours),  Colette Laffineur, Marcel Rault …. La liste serait trop longue.

Ces rencontres ont bouleversé mon existence de jeune adulte.

Elles ont également joué un rôle important dans mon engagement politique.

 

Tout au long de mon année d’étude, Cyprien a tenu à m’accompagner.

Je peux dire qu’une vraie complicité s’est nouée entre nous. Une complicité qui s’est, quelques années plus tard, retrouvée au sein de la section d’Arles du parti communiste français (PCF). Le parti communiste auquel il avait adhéré en 1937 et auquel il restera fidèle jusqu’à la fin de sa vie.

Il avait donc adhéré en 1937, l’année où il épouse Odette, en pleine période du Front Populaire. En 1938, tous deux instituteurs, ils sont nommés à Arles.

C’est le début d’une longue complicité avec cette ville qu’il aimait tant ainsi qu'avec son parti.

 

Et quelques années plus tard, à l’aube de la seconde guerre mondiale, quand le moment arriva de défendre concrètement, physiquement, ses idéaux et sa ville, Cyprien ne tergiversa pas. Il va agir.

 > Il agira quand la République Espagnole sera menacée par Franco. Aux côtés de Rosette REBOUL et Georgette MELIANI, il collectera des fonds pour les républicains espagnols sur la place Portagnel 

 > Il le fera dès que le Maréchal PETAIN prendre le pouvoir

 > Et il fera aussi quand la ville d’Arles, sa ville d’Arles, sera envahie par les nazis.

Il s’engagera alors pleinement dans la résistance.

Cyprien est un Homme qui sait, lorsque ses fondamentaux sont attaqués, qu’il faut se lever pour dire « non » et qu’il faut tout tenter pour que les valeurs qu’il défend reprennent leur place. Il va donc se battre d’abord contre Vichy, et tout ce que ce Régime pouvait représenter. Il se battra à partir de  novembre 1942 contre l’occupation allemande.

Avec ses camarades de la section d’Arles du PCF, il va organiser la vie clandestine du parti communiste.

Les premières années ce sont les tracts qui sont distribués sur toute notre commune.

Mais très vite, une vie clandestine se met en place, celle de l’armée des ombres.

Les actions de sabotage se multiplient. Les réseaux électriques sont sabotés tout comme les voies de chemins de fer. Les combats de la libération se préparent. Il va même échapper de peu à la mort (...).

 

Amoureux de sa ville, amoureux de la Vie, Cyprien va de la même  manière se découvrir amoureux de la Liberté, amoureux de la République, amoureux des Hommes et amoureux de son parti.

Au sortir de la guerre, il fait parti du Comité local de libération chargé de gérer les affaires courantes jusqu’aux prochaines élections. Des élections qu’il remportera au soir du 2nd tour le 13 mai 1945. Il sera l’un des plus jeunes maires de notre pays. Un maire communiste de 30 ans (...).

Au lendemain de sa défaite en 1947, Cyprien militant laïque, continuera à œuvrer pour le bien de tous les arlésiens. Mais il continuera aussi à militer au sein de son parti (...).

 

Pour terminer, je voudrais te dire Cyprien que :

 L’esprit de résistance qui t’a animé ne meurt pas.

Il passe de générations en générations.

Cet esprit est la flamme d’une résistance qui est le cœur même de l’Humanité et que j’appelle la République.

 

 Nicolas KOUKAS 

 

 

La contribution

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Titre :

Votre contribution

Nom/Prénom

Votre adresse email :

Veuillez laisser ce champ vide :

Bas du formulaire

Par Nicolas KOUKAS - Publié dans : DEVOIR DE MEMOIRE
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

  Le blog de

  Nicolas KOUKAS 

nk

 

NICOLAS AOUT 2011 - Copie

Nicolas KOUKAS est né le 14 mai 1975 à Arles

Adjoint au Maire d'Arles

Conseiller communautaire A.C.C.M.

Président du Groupe "Vive ARLES!"

Membre du Front de Gauche


Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés